Les chiffres de 150 milliards d'euros et 160 milliards d'euros expliqués
Deux chiffres, un même dossier
Les deux chiffres proviennent de la Commission et décrivent la même proposition. Aucun n'est « le » chiffre : cette page indique lequel est lequel plutôt que d'en choisir un.
Jusqu'à 150 milliards d'euros par an
Communiqué de presse de la Commission, 19 novembre 2025
Le chiffre figurant dans le communiqué de presse annonçant le paquet numérique : les European Business Wallets pourraient débloquer jusqu'à 150 milliards d'euros d'économies par an pour les entreprises.[3]
Au moins 160 milliards d'euros par an
Page de politique de la Commission, Façonner l'avenir numérique de l'Europe
Le chiffre figurant sur la propre page de politique de la Commission consacrée aux European Business Wallets : avec une adoption généralisée, les économies annuelles pour les entreprises de l'UE pourraient atteindre au moins 160 milliards d'euros.[2]
Ce que représentent ces chiffres
Les deux chiffres sont des estimations de la Commission de ce que les entreprises et les organismes publics pourraient économiser si le European Business Wallet est adopté et utilisé, et non un résultat garanti. Ils proviennent de la modélisation du temps et des coûts administratifs actuellement consacrés à l'identification, à l'échange de documents, aux contrôles de conformité, à la tenue des registres et à la coordination transfrontalière, et de l'estimation de la part de ces coûts qui serait supprimée si ces interactions étaient transférées vers un portefeuille numérique partagé.[12]
Les hypothèses et la ventilation
Le document de travail des services de la Commission qui étaye ces chiffres présente son estimation sous forme de fourchette selon le nombre d'entreprises qui adopteraient et utiliseraient réellement le Wallet, et non comme un chiffre unique. Les organismes du secteur public sont supposés atteindre un taux d'adoption de 100 % dans tous les cas, la proposition les obligeant à accepter le Wallet.[12]
- Environ 10 % : les entreprises qui pratiquent déjà le commerce transfrontalier et utilisent intensivement des outils numériques.
- 33 % : un tiers des entreprises, le seuil utilisé dans l'analyse d'impact de la Commission de 2021.
- 50 % : la moitié de l'ensemble des entreprises.
- 75 % : l'objectif de limite supérieure réaliste de la Commission, conforme à l'ambition du secteur pour une adoption d'ici 2030.
- 100 % : un maximum théorique où chaque entreprise et chaque organisme public utiliserait le Wallet.
Selon l'hypothèse d'un taux d'adoption de 75 %, le document de travail des services estime des bénéfices directs annuels maximaux d'environ 169 milliards d'euros par an, répartis entre environ 14 milliards d'euros pour les organismes publics et environ 155 milliards d'euros pour les entreprises. À 100 % d'adoption, ce maximum atteindrait environ 225 milliards d'euros par an. Aucun de ces chiffres modélisés ne correspond au chiffre phare de 150 milliards d'euros ou de 160 milliards d'euros : ceux-ci proviennent du communiqué de presse et de la page de politique, non de cette ventilation.[12]
Les économies sont modélisées selon cinq catégories d'activités administratives : identifier et autoriser qui agit pour le compte d'une entreprise, échanger des documents et des informations, assurer la conformité et la vérification, tenir des registres et gérer les données, et coordonner les actions transfrontalières entre autorités.[12]
Pourquoi les deux chiffres peuvent différer
Les propres documents de la Commission n'expliquent pas pourquoi le communiqué de presse cite 150 milliards d'euros et la page de politique cite au moins 160 milliards d'euros. La modélisation du document de travail des services qui les étaye produit encore d'autres chiffres, environ 169 milliards d'euros à 75 % d'adoption et environ 225 milliards d'euros à pleine adoption, de sorte qu'aucune des trois sources ne se concilie avec les autres. Cette page présente les chiffres tels qu'ils ont été publiés plutôt que d'en choisir un ou de deviner la raison de l'écart.
